Masques Sénoufos

Les Sénoufos (ou Siéna, nom qui se donne et qui signifie ceux qui parlent le séné, le sénoufo) constituent une ethnie africaine, présente au Burkina Faso, dans le sud du Mali (principalement dans la région de Sikasso) et en Côte d'Ivoire (au nord, autour des villes de Boundiali et Korhogo), comptant environ 1,5 million de membres, soit 9,7 % de la population de Côte d'Ivoire. Les Sénoufos sont essentiellement des paysans qui cultivent le riz, le mil, le maïs, l'igname, le manioc et le thé. La théologie senoufo est basée sur Koulotiolo, dieu puissant et Katielo, déesse mère. Les sociétés initiatiques, dont le poro[1] est la plus importante, jouent un rôle déterminant dans la vie des Sénoufos.

La fabrication d'un masque chez les Sénoufo, peuple du Nord de la Côte d'Ivoire, ne s'entoure pas de mystère ni de sacré. Fabriquer un masque, un tabouret, un mortier demande au sculpteur le même type d'attention. Le masque n'est qu'un objet de bois à la base. Il ne deviendra sacré que le jour où il sera dansé dans un contexte liturgique. Pour ce faire il faut le masque objet, un costume, des ornements, les attitudes propres à la danse, le halo de mystère,de puissance, de connaissances occultes qui accompagne le masque. Le masque guidera l'homme Sénoufo dans toutes les phases initiatiques du Poro ou lors des funérailles. Certains masques participent aussi à des distractions publiques.

Masques Yohouré-Baoulé

L'ethnie Baoulé habite actuellement dans le centre et l'est de la Côte d'Ivoire. Les baoulés arrivèrent du Ghana dans le premier tiers du XVIIIème siècle. Au Ghana, ils avaient appris à dominer, comme les Ashanti, le maniement du métal, et dans leur nouvel emplacement ils ont dû apprendre des Gouro à travailler le bois. La combinaison de leur ancienne habileté avec le nouvel apprentissage a donné comme résultat un art techniquement supérieur, et une esthétique équilibrée.

Dans l’art africain, l’art des Baoulé occupent une place à part. La finesse d’exécution des masques Baoulé et des statues Baoulé les rend particulièrement accessibles aux goûts occidentaux. La sculpture Baoulé sur bois possède la finesse de réalisation de l’orfèvrerie : la sculpture est très raffinée, les surfaces sont très polie, la représentation des scarifications, des bijoux, de la coiffure, du visage est faite de manière soignée et minutieuse. Parmi les statues africaines Baoulé on repère deux grands types : * les statues Baoulé d’époux de l’au-dela (blolo bla) ou d’épouses de l’au-dela (blolo bian). Les statues Baoulé représentant un esprit ou génie de la nature avec comme objectif de les apaiser.

Masques Guéré

Les Guérés désignent un groupe ethnique de la Côte d'Ivoire, vivant dans la région ouest du pays, près du Libéria. Il est installé dans les départements de Bangolo, Duékoué, Guiglo et Toulepleu et vit en Eburnie depuis plus de sept siècles. Si ce peuple vit aujourd'hui principalement entre le fleuve Cavally (frontière libérienne), le fleuve Sassandra (à l'est) et au sud des régions des 18 montagnes, dans le passé il fut installé plus au Nord, dans l'actuel pays Dan, mais fut peu à peu contraint de se retrancher dans la forêt qui caractérise sa région, à cause principalement, des invasions Mandingues du XVIIe siècle.

Les Wobés et les Guérés constituent en réalité un seul peuple, le peuple We, divisé artificiellement par l'administration coloniale française.

Masques Dan

Les Dan sont une sous-tribue appartenant aux Dan-Nguere. Ils habitent le Liberia orientale, la Guinée Conakry et la Côte d'Ivoire. La base sociale et spirituelle des Dan-Nguere est la société secrète Poro, qui veut dire en langue Temmé "sierra". Les masques Dan-Nguere se caractérisent autant par leurs variétés, comme par le fait qu'une même sorte de masque peut être utilisée en différentes zones pour différentes finalités. Les masques Dan féminins sont connus par l'importance qu'ils attribuent à la beauté du visage: la forme ovale, le front légèrement proéminent, les yeux déchirés, le nez fin et la bouche entrouverte. Ils rehaussent la finesse de ses lignes avec une brillante patine introduit dans le bois, en employant des substances végétales. Quand elles sèchent, elles prennent une couleur douce, qui avec l'usage ressemble à la laque.

La fonction de ces masques est de régler les désaccords et de protéger les nouveaux nés. Les Dan font généralement des répliques de ces masques, qu'ils appellent "ma", pour les vénérer et comme protection contre les maladies. Ils restent cachés et servent comme preuve d'appartenance à la société Poro, se convertissant en objets presque sacrés, en les honorant avec des offrandes de riz et d'huile de palme, et de sacrifices en périodes de pleine lune. Le visage des masques Dan masculins est plus réaliste, et quelques fois avec des détails d'animaux. Il a la force vital, appelée "du", envoyée par Zlan le créateur aux hommes et aux animaux. Les "du" sont nombreux, et ils disent aux gens en rêve comment ils veulent être représentés. Quelques fois, ils veulent qu'un fétiche, ou qu'un arbre soit planté, mais ils peuvent demander aussi un masque pour résider. Alors, l'esprit se matérialise et se transforme en un "gle", et il peut intervenir directement dans la vie de la communauté. Chaque "gle" a sa fonction, et préside les differents événements sociaux. Ils sont aussi présents dans les moments de danger, ou de distraction. C'est pour ça qu'il y a une grande variété de masques Dan.

Masque-Dan_edited.png

Grand Béréby, Bas-Sassandra, Côte d'Ivoire

ecoholodge@gmail.com/  + 225 53 96 50 73

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